03 mars 2007
"On m'élit roi, mon peuple m'aime"

Aujourd’hui ouverture du salon de l’agriculture porte de Versailles à Paris.. Dernier salon pour notre président Chirac. Il fait l’unanimité auprès des journalistes et hommes de terrain (hommes de la terre ?) pour dire que jamais la République n’aura eu un représentant aussi proche des paysans.. Chirac est un vrai gourmand, pas un chipoteur.. Faut le voir croquer dans une pomme ou lever sa chope de bière ! les vrais gourmands donnent envie d’en faire autant. Chirac attise les convoitises.
Jusqu’à ce jour, la campagne présidentielle pour se disputer l’Elysée, est une pure rigolade. Seuls les guignols de l’info et quelques revues satiriques nous retransmettent la réalité pour nous la faire accepter..
Je ne suis pas qualifiée pour faire de la politique, je lis, j’écoute comme tout Français moyen le programme de chacun… soupir, aucun(e) n’arrivera à me convaincre…
Aujourd’hui et demain, en espérant ne pas se croiser, ils iront tous de leur petit discours au milieu des veaux, vaches, cochons, poulets.. Tous les animaux réunis, apprêtés, lavés, brossés pour l’occasion resteront attentifs.. Ils seront les seuls avec José Bové..
Quand je dis ‘attentifs’, c’est un leurre.. Enfin bon, le cochon déjà à la fête depuis deux semaines grâce aux chinois risque fort s’en désintéresser.. Sarko, s’il ne prend pas son temps, stressé comme à son habitude, rappellera suffisamment aux vaches le TGV, pour qu’elles détournent le museau… et les animaux de basse-cour, en se reconnaissant dans le cacafouillage d’une certaine dame Royal.. choisiront sur son passage d’aller piailler, glousser et pondre ailleurs… Il en reste un quand même qui ne risque rien, puisqu’il ne parle qu’aux tracteurs.. on l’appelle le troisième homme.
A cette occasion, je m’en voudrais de ne pas rappeler la fable de la Fontaine ‘La laitière et le pot au lait’.. Voilà une Perrette complètement dans le vent, qui trace des plans sur la comète, qui se voit déjà en haut de l’affiche.. comme nos candidats.. La Fontaine, visionnaire, laisse même paraître un brin de Sado/Masochisme :
Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ;
La dame de ces biens, quittant d'un oeil marri
Sa fortune ainsi répandue,
Va s'excuser à son mari
En grand danger d'être battue.
Mais plus que tout, c’est la morale de l’histoire qui vaut la peine d’être réflechie :
Quel esprit ne bat la campagne ?
Qui ne fait châteaux en Espagne ?
Picrochole, Pyrrhus, la Laitière, enfin tous,
Autant les sages que les fous ?
Chacun songe en veillant, il n'est rien de plus doux :
Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes :
Tout le bien du monde est à nous,
Tous les honneurs, toutes les femmes.
Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ;
Je m'écarte, je vais détrôner le Sophi ;
On m'élit roi, mon peuple m'aime ;
Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :
Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ;
Je suis gros Jean comme devant.
Bonne chance à eux.. vedettes d’une heure au salon de l’agriculture, plus animé en ce jour, que l’Elysée.
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